Actualités

Retour sur le forum annuel du Baromètre du Développement Durable

Le 2/06/16 dernier, nous avons accueilli collectivités, entreprises, associations et citoyens à la Cité des Associations de Marseille, à l’occasion du forum annuel du Baromètre du Développement Durable du réseau France Nature Environnement, pour une matinée d’échange sur la thématique des déchets.

En premier lieu, les participants ont assisté à la présentation du Baromètre du Développement Durable, outil pédagogique que nous proposons aux communes dans le but de réaliser un état des lieux de leur démarche en développement durable et de mettre en place des actions par la suite, en favorisant le dialogue entre élus et associations. En savoir plus sur l’outil ICI.

La question de réduire et valoriser les D3E (déchets d’équipement électriques et électroniques) a ensuite suscité un grand débat. Les intervenants : Mme Anfosso, de l’entreprise D3E PACA, entreprise d’insertion et de l’ESS qui collecte les D3E, Mme Arfi, chargée du projet Zéro Dechet/Zéro Gaspillage sur la ville de Miramas, et M. Horellou, de l’association Repair Café qui vous permet de réparer vos appareils, ont donc répondu aux questions intéressantes des participants. Les échanges se sont conclus sur l’idée qu’il faut éduquer à la problématique des déchets, et que chacun doit s’en saisir et faire sa part à son échelle (en écho à la légende du Colibri).

Par la suite, les participants se sont répartis en 3 groupes, afin d’apporter leur pierre à l’édifice et de coconstruire tous ensemble les solutions, au travers d’ateliers participatifs.

Atelier 1

L’atelier 1 a permis aux participants de se projeter dans la peau d’un acteur de l’environnement pour répondre à la question de mettre en place des nouvelles filières de tri sans avoir la compétence. Les actions proposées étaient ensuite placées sur une échelle gain / contrainte.

Le premier groupe s’est positionné sur les déchets verts et a choisi de représenter une collectivité. Le bilan de cet atelier a permis de souligner l’idée que la collectivité peut être moteur sur la communication et que cela peut engendrer plus de gains que de contraintes. Les actions hors communication sont plus compliquées à mettre en place car elles nécessitent un coordinateur de projet en lien avec la collectivité ou l’EPCI.

Le deuxième groupe a travaillé sur les D3E et s’est positionné comme une entreprise. La logique du gain d’argent motive le changement, et l’intérêt d’une mutualisation est ressorti comme un enjeu prioritaire ainsi que la nécessité de communiquer sur les actions menées pour montrer l’engagement de la structure. Les actions peuvent être de fond ou de forme mais nécessitent un engagement de la part de tous les acteurs.

Le troisième groupe a cogité sur les déchets ménagers et représenté le citoyen lambda. Le bilan montre que les initiatives citoyennes peuvent induire de grands projets à l’échelle de la gestion des déchets, il n’y a que des bénéfices. Les freins qui existent sont principalement des problématiques liées au lancement de projet; à savoir l’importance du réseau dans la mise en place de solutions durables.

Atelier 2

L’atelier 2 invitait les entreprises et collectivités à travailler conjointement pour réfléchir à des solutions de mutualisation et de valorisation des déchets.

Une organisation en réseau est nécessaire, dans un premier temps, pour développer l’économie circulaire / l’écologie industrielle territoriale (EIT) afin que les déchets des uns deviennent les ressources des autres. Pour cela, deux modèles sont envisageables :
– la mutualisation de la collecte des déchets d’un réseau d’entreprises à destination d’un partenaire qui a comme activité principale la revalorisation
– une économie fermée entre ceux qui produisent du déchet issu de leur activité et ceux qui ont besoin de ces déchets pour leur activité (sans que celle-ci ai pour objet la revalorisation des déchets)
Cela implique de s’adapter aux contraintes des entreprise partenaires et donc d’innover. Les gains économiques de telles pratiques sont bien-sûr attractifs : baisse de la fiscalité liée au traitement des déchets, mutualisation des coûts , etc…
Dans un second temps, la viabilité du projet nécessite une réorganisation structurelle; en effet, il est vital que les entreprises mutualisées soient sur le même territoire et qu’elles se rencontrent régulièrement afin de mutualiser les solutions, réduire les coûts, partager les exemple / la communication, soutenir l’économie locale, s’adapter à la réglementation, dans un objectif commun de diffusion de l’information des filières de valorisation auprès des entreprises, de démonstration de solutions existantes, de mises à jour de la réglementation, de retour d’expérience, etc…
En ce qui concerne la revalorisation des déchets  il faut s’assurer que le traitement de revalorisation choisi par le réseau d’entreprises n’ai pas un impact environnemental : énergie, pollution, empreinte carbone, etc…
Etre attentif à la neutralité et à l’indépendance du conseiller / animateur du réseau / référent, bien exposer les avantages et les inconvénients de chaque filière, faire en sorte que le choix de collecte et de traitement des déchets se porte en premier sur la filière de revalorisation et pas seulement d’incinération ou d’enfouissement.

Atelier 3

L’atelier 3 proposait à tous les acteurs présents de partager leurs bonnes idées pour réduire les déchets à la source à l’échelle des collectivités et des entreprises, ainsi que celle de chaque individu. Les trois groupes qui se sont succédés ont donc abordé différentes méthodes intervenant en amont (avant que le déchet existe), comme la mise en place d’une norme (pénalisante ou valorisante) de longévité et de qualité pour supprimer l’obsolescence programmée ou encore la possibilité de moduler les différentes pièces composant un produit électronique (ex du bloc phone) ou de réutiliser les contenants (ex : éco-recharges, consignes…), généraliser l’écoconception et l’économie circulaire et responsabiliser le consommateur lors de ses achats (ex : achat en vrac…).
Le point clé pour la réussite de cette démarche c’est de recréer du lien entre les entreprises, le territoire et les associations.

La matinée s’est clôturée sur un buffet apéritif fournit par la restaurant le Boudiou.

Le bilan de cette matinée est positif, les échanges ont été variés, intéressants et riches en partage d’expérience. Pour conclure, même s’il nous reste du chemin à parcourir, les initiatives sont à notre porté et nous pouvons tous nous saisir de la problématique et agir à notre échelle !