| Quel point commun entre l’extension du tramway T2 à Marseille, la pollution chronique de Saint-Chamas, le projet controversé de bio-méthane à Gardanne, l’abandon du projet Carbon et le feuilleton de la ligne THT en Camargue ? Derrière l’apparente diversité de ces dossiers, un fil rouge les relie : l’aménagement de notre territoire ne peut se faire sans une exigence radicale de transparence, de participation citoyenne et de sobriété écologique. Un vent nouveau souffle-t-il sur les mobilités marseillaises ? France Nature Environnement 13 l’espère. Le prolongement de la ligne T2, que nous soutenons, répond à un besoin criant de désengorgement du centre-ville et de report modal. Mais gare au mirage ! Derrière l’écrin du "gaz vert" ou de la "décarbonation", d’autres vents, bien plus toxiques, menacent de s’engouffrer dans nos plaines et dans nos vies. Cette vigilance, nous l’avons portée avec succès contre le projet Carbon à Fos‑sur‑Mer. Après trois ans d’alertes répétées de notre part, les promoteurs de cette usine de production de panneaux photovoltaïques ont jeté l’éponge. La leçon est claire : un projet prétendument "vert" ne peut se construire ni contre les territoires, ni contre la ressource en eau, ni contre l’exigence démocratique. Et tant pis si, dans sa chute, ce rêve d’Icare fragilise la justification de la ligne THT qui devait l’alimenter ! Enfin, les fantômes du passé nous rappellent le prix de la négligence. Trois ans après l’incendie de l’entrepôt de déchets de Saint‑Chamas, les pollutions persistent et les interrogations sanitaires restent entières. Un accident industriel ne s’éteint pas avec les flammes : il impose un suivi environnemental et sanitaire sur la durée. C’est le symptôme d’un système défaillant, où le contrôle des filières déchets est encore trop souvent à la rue. Chers adhérents, chers lecteurs, vous l’aurez compris : la transition écologique ne se décrète pas, elle se construit avec vous et pour vous. Refusons les faux‑semblants d’une industrialisation "verte" imposée d’en haut, exigeons la transparence sur les impacts réels et investissons massivement dans les vraies alternatives – mobilités douces, sobriété énergétique, préservation des milieux naturels. |