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Lambesc : le non-sens écologique d’un parc photovoltaïque en zone Natura 2000

Situé au cœur des collines provençales, sur la commune de Lambesc, un projet de centrale photovoltaïque porté par les sociétés Silversun Technics et Oxynergie menace un site classé pour la richesse exceptionnelle de sa biodiversité.

Bien que présenté comme un geste pour la transition énergétique, ce projet représente un non-sens écologique et une atteinte grave aux espèces protégées. Le projet, qui prévoit l’installation de plus de 20 000 panneaux solaires sur une dizaine d’hectares, est vivement dénoncé par le Collectif de Défense des Collines et par France Nature Environnement 13.

Si l’association est favorable au développement des énergies renouvelables, elle milite pour une implantation prioritaire sur le bâti existant (toitures, hangars, parkings) ou sur des friches industrielles, et non au détriment des derniers espaces naturels remarquables du territoire.

Un projet au cœur d’un sanctuaire de biodiversité

Contrairement à ce qu’affirment les promoteurs décrivant le site comme une simple « friche ferroviaire » ou un « délaissé », le terrain choisi est une zone vivante et classée. Il bénéficie de protections environnementales fortes :

  • Zone Natura 2000 : Un classement au niveau européen qui atteste de l’extrême richesse du site et de sa fragilité .
  • ZNIEF : Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique.

Les études d’impact et les observations de terrain révèlent la présence d’espèces hyper-patrimoniales. Parmi elles, l’Aigle de Bonelli, l’un des rapaces les plus menacés de France. Avec seulement 44 couples recensés en 2024, cet oiseau fait l’objet d’un Plan National d’Action. Le site de Lambesc constitue une aire de chasse essentielle pour cette espèce .

Comme le souligne le rapport de la Dreal Paca, l’implantation de parcs au sol doit avant tout privilégier les espaces déjà artificialisés (friches, carrières, zones industrielles). À Lambesc, c’est tout l’inverse qui se produit : on sacrifie un réservoir de biodiversité pour une installation industrielle .

Un projet basé sur l’opacité et les profits

La contestation locale est d’autant plus forte que le projet a été mené dans une absence quasi-totale de concertation citoyenne. De nombreux habitants affirment avoir découvert le projet par hasard, quelques jours avant la fin de l’enquête publique .

Laura Mouly, coordinatrice du Collectif de Défense des Collines, dénonce régulièrement des « informations trompeuses ». Le promoteur tente de minimiser l’impact en qualifiant le site de « dégradé », alors que les marcheurs et écologistes décrivent un « paradis naturel » offrant une vue imprenable sur le Luberon et la Sainte-Victoire .

Sur le plan financier, si la mairie met en avant les 5 millions d’euros de retombées économiques espérées sur 30 ans, les opposants dénoncent un projet avant tout spéculatif qui détruira le patrimoine naturel commun pour une rentabilité privée .

Une mobilisation juridique et citoyenne

FNE13 se tient aux côtés du Collectif de Défense des Collines pour s’opposer à ce projet destructeur. L’association, forte de son expérience (comme dans les dossiers de La Barben ou de Lançon-de-Provence), sait que la voie juridique est souvent la dernière rempart face à ces dérives .

Nous avons déjà alerté les pouvoirs publics et soutenons les recours en justice. Car oui, des alternatives existent ! Plutôt que de raser des forêts et de menacer des espèces protégées, il est possible de produire de l’énergie solaire propre en respectant la nature : en toiture des bâtiments municipaux et des hangars agricoles, sur les parkings ombragés, sur les friches industrielles déjà artificialisées.

L’urgence climatique ne doit pas servir de prétexte à l’artificialisation des terres et à l’effondrement de la biodiversité. La transition énergétique doit être une transition écologique, ou elle ne sera pas.


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