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Port de Fourques : stop au béton sur le petit Rhône

Le projet de port de plaisance à Fourques suscite une vive opposition des associations France Nature Environnement Bouches-du-Rhône et Nacicca alertant sur ses impacts irréversibles sur les écosystèmes du Petit Rhône.

Le projet de port de Fourques consiste à créer un port de plaisance fluvial sur le Petit Rhône, avec environ 315 anneaux pour des bateaux de 7 à 20 mètres. Il est présenté comme un aménagement portant sur plus de 10 hectares. Son coût est estimé à 11 millions d’€.

Le projet a été plutôt long à monter : études de faisabilité, acquisitions foncières, volets réglementaires et environnementaux ont pris plusieurs années. L’enquête publique a été lancée en 2025, avec l’objectif d’une réalisation ensuite sur environ 22 mois et une inauguration visée début 2028.

Il suscite de nombreuses interrogations et inquiétudes.

Menace sur la ripisylve et les corridors écologiques

Le port prévoit la destruction de plus de 1 500 m linéaires de ripisylve, cet habitat essentiel bord du fleuve qui joue un rôle clé de corridor écologique pour les chiroptères, castors et une avifaune riche, incluant des habitats Natura 2000 comme les forêts méditerranéennes de peupliers et frênes.

Cette perte crée une discontinuité écologique majeure, contredisant les objectifs du Document d’objectifs Natura 2000 du Petit Rhône, qui vise à restaurer la continuité des ripisylves.

Malgré une mesure compensatoire proposée, elle ne garantit pas l’absence de perte nette de biodiversité, car elle repose sur des sites existants plutôt que sur de véritables créations.

Impacts sur la biodiversité aquatique et la qualité de l’eau

L’excavation de 560 000 m³ de terre et le dragage de 6 000 m³ de sédiments remettent en suspension des polluants, dégradant la qualité des eaux et menaçant des espèces sensibles comme le brochet et l’anguille européenne, en danger critique d’extinction.

Le Symadrem qualifie le Petit Rhône de cours d’eau remarquable pour sa biodiversité, mais fragilisé par les aménagements. Ce port contredit les efforts de décorsetage pour améliorer son potentiel écologique.

De plus, la transformation d’une zone agricole en espace artificialisé réduit les tampons naturels contre les crues, aggravant les risques hydrologiques.

Doutes économiques et absence de bilan carbone

Les études économiques datent de 2014-2015 et ignorent la baisse du marché de la plaisance fluviale, rendant ce port de 314 anneaux démesuré pour Fourques, au prix de 10 hectares de terres agricoles perdues.

Le commissaire-enquêteur, bien qu’avisant favorablement avec réserves, exige une étude complémentaire et une solution pour les déblais non validée par le Symadrem.

Aucune évaluation des émissions de GES n’est fournie, malgré 41 000 trajets de camions prévus, soulignant l’absence de vision globale sur les impacts climatiques du chantier et de l’exploitation.

Appel à la mobilisation citoyenne

FNE13 soutient pleinement Nacicca et appelle la nouvelle municipalité d’Alain Fouque à réévaluer ce projet via un référendum local, priorisant la préservation des zones humides et agricoles du Gard.

Face à une enquête publique peu participative (seulement 58 contributions), il est urgent de renforcer les consultations pour protéger le patrimoine naturel du Petit Rhône.


Photo : © CC Source: pixabay.com / Auteur: Buero41