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Bio-Méthane Provence : derrière le gaz vert, une industrie aux lourdes conséquences ?

Le projet Bio-Méthane Provence, porté par la filiale GazoTech sur l’ancien site de la centrale thermique de Gardanne, s’annonce comme un nouveau dossier sensible pour les associations environnementales des Bouches-du-Rhône.

Ce projet à 200 millions d’euros de production d’énergie à partir de bois brûlé porté par les salariés de la centrale entre en phase de concertation publique jusqu’au 22 juin 2026. Et il divise déjà.

Un procédé industriel controversé

Contrairement à la méthanisation classique, Bio-Méthane Provence mise sur la pyro-gazéification : pyrolyse à haute température de 115 000 tonnes/an de déchets de bois recyclés (BR1/BR2), produisant gaz de synthèse et bio-charbon, puis méthanation chimique du CO₂ en méthane via hydrogène. Ce procédé distinct de la méthanisation biologique soulève des interrogations sur sa maturité technologique et ses émissions potentielles.

France Nature Environnement 13 pointe plusieurs risques majeurs :

Trafic poids lourdsApprovisionnement en bois recyclé générant un flux important de camions sur le bassin de Gardanne 
Émissions atmosphériquesIncertitudes sur les rejets de la pyrolyse à haute température et de la méthanation 
Approvisionnement forestierProlongation du modèle de la centrale biomasse déjà contestée pour ses prélèvements sur 324 communes dans 16 départements 
Risque industrielConcentration d’activités énergétiques lourdes sur un site déjà industriellement sensible 
Transition écologique réelleQuestionnement sur l’opportunité d’un nouveau projet industriel plutôt que sur la sobriété énergétique

La CNDP a elle-même souligné la nécessité d’une information complète et accessible sur les risques identifiés et les incidences en matière de trafic, témoignant des préoccupations soulevées par le projet.

Le site de Gardanne et ses environs supportent déjà de nombreuses installations industrielles lourdes. L’ajout d’une usine de pyro‑gazéification risque de faire basculer ce territoire dans une saturation inacceptable en termes de nuisances sonores, de trafic de camions, de pollutions chroniques et de risques d’accidents majeurs (fuites de gaz, incendies, explosions). La concertation doit obligatoirement examiner ces effets cumulés avec les autres sites voisins, notamment la centrale biomasse existante.

(Source : Biomethane Provence – dossier de concertation)

L’enquête publique : votre voix compte

Une enquête publique inédite par son ampleur se déroulera du 11 au 22 juin 2026, à l’instar de celle engagée par FNE13 contre la centrale biomasse de Gardanne en 2025. Les citoyens des communes concernées pourront :

  • Consulter le dossier complet en version papier et numérique au siège de l’enquête
  • Déposer leurs observations auprès du commissaire-enquêteur lors des permanences
  • Participer aux réunions publiques organisées sur le territoire

FNE13 appelle à une large participation citoyenne : aucune transition écologique ne peut se faire sans le consentement éclairé des populations concernées. Votre contribution à l’enquête publique déterminera si le préfet des Bouches-du-Rhône autorise ou non l’exploitation de cette unité.

Agissez avant la clôture de l’enquête : chaque observation compte pour protéger l’environnement et le cadre de vie du bassin de Gardanne.



Image : © CC Source: flickr.com / Auteur: François Schwarz