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Contournement Martigues–Port-de-Bouc : une fausse solution routière

Le projet de contournement routier entre Martigues et Port-de-Bouc entre dans une phase décisive. Après des décennies d’annonces, le début des travaux est désormais évoqué pour l’automne 2026, avec un chantier annoncé sur environ trois ans.

FNE13 réaffirme son opposition à cette infrastructure, dont les conséquences environnementales et climatiques apparaissent disproportionnées au regard des besoins réels du territoire.

Le contournement routier de Martigues–Port-de-Bouc entre dans une phase décisive, avec un démarrage des travaux envisagé à l’automne 2026. FNE13 réaffirme son opposition à un projet ancien, coûteux et fortement impactant pour les milieux naturels du territoire.

Un projet routier d’ampleur

Le projet vise à détourner une partie du trafic de la RN568, qui traverse les zones urbanisées de Martigues et de Port-de-Bouc. Ses promoteurs avancent des objectifs de sécurité, de réduction des nuisances locales et de meilleure desserte de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer.

L’opération prévoit la création d’une voie express nouvelle de 6,9 kilomètres, avec des raccordements à l’A55. Trois échangeurs, douze ouvrages d’art, dont trois viaducs, et une tranchée couverte sont annoncés.

Des sols durablement artificialisés

Cette infrastructure nouvelle pourrait mobiliser jusqu’à 84 hectares de terres naturelles, agricoles et forestières. Dans les Bouches-du-Rhône, où l’urbanisation, l’industrie et les activités logistiques exercent déjà une forte pression sur les espaces vivants, cette artificialisation constitue un recul majeur.

Pour FNE13, le projet va à l’encontre de l’objectif de sobriété foncière. Les sols ne sont pas de simples réserves disponibles pour de nouveaux aménagements : ils abritent la biodiversité, participent au cycle de l’eau, stockent du carbone et contribuent à limiter les effets des canicules et des inondations.

Une biodiversité menacée

Le tracé se situe à proximité de milieux naturels remarquables, notamment l’étang de l’Estomac, les Salins de Fos et plusieurs zones humides méditerranéennes. Ces espaces constituent des habitats, des zones de repos et des corridors indispensables à de nombreuses espèces.

FNE13 alerte sur la destruction et la fragmentation de prairies humides, de pelouses méditerranéennes, de boisements et d’autres habitats d’intérêt écologique. Le secteur accueille notamment le Lézard ocellé, des amphibiens, des chauves-souris et une flore patrimoniale.

La demande de dérogation présentée pour le projet concerne 105 espèces protégées. En février 2025, le Conseil national de la protection de la nature a rendu un avis défavorable, pointant des inventaires insuffisants, des études trop anciennes et une appréciation incomplète des effets indirects et cumulés du projet.

Les maîtres d’ouvrage prévoient des mesures d’évitement, de réduction et de compensation. FNE13 considère que ces dispositifs ne peuvent effacer les dommages causés par la destruction d’espaces naturels fonctionnels, particulièrement lorsqu’ils concernent des zones humides et des espèces protégées.

La fédération rappelle que la priorité doit être donnée à l’évitement des atteintes. Compenser après coup ne garantit ni le retour des habitats détruits, ni la survie des espèces déplacées, ni le maintien des équilibres écologiques locaux.

Une réponse routière dépassée

Améliorer les conditions de circulation ne doit pas automatiquement conduire à construire de nouvelles routes. La RN568 existe et pourrait faire l’objet d’aménagements ciblés, moins consommateurs d’espaces et moins destructeurs pour la biodiversité.

Une nouvelle voie rapide risque également d’encourager le trafic automobile et le transport routier de marchandises. Cette logique d’appel d’air routier apparaît contradictoire avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre et les impératifs de santé publique dans le bassin industriel de Fos-Berre.

Nous défendons des solutions adaptées aux besoins des habitants et des salariés du territoire. Le renforcement des transports collectifs, la création de liaisons ferroviaires efficaces, le développement du fret par rail et l’amélioration des mobilités cyclables doivent devenir des priorités d’investissement.

Ces alternatives permettraient de réduire les nuisances, la dépendance à la voiture et les émissions polluantes, sans ajouter une nouvelle coupure dans les continuités écologiques. Elles répondraient aussi à l’enjeu social d’un accès plus équitable aux emplois, aux services et aux communes du territoire.