Samedi 19 septembre 2026 restera une date marquante dans l’histoire de la mobilisation contre le projet de ligne aérienne à très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Dans le cadre majestueux du théâtre antique d’Arles, près de 2 500 personnes et 150 élus se sont rassemblés à l’appel du collectif THT 13/30 pour lancer un message clair à l’État et à RTE : « Zéro pylône !
Ce qui frappe, au-delà du nombre, c’est l’unité inédite du mouvement. 2500 personnes, et de l’extrême gauche à l’extrême droite, des maires, députés, sénateurs, conseillers régionaux et départementaux, ainsi que d’anciens ministres, ont pris la parole d’une seule voix pour dénoncer un projet qui prévoit l’installation de 180 pylônes, hauts de 60 à 80 mètres, sur environ 65 kilomètres, traversant les Costières de Nîmes, le Parc naturel régional de Camargue et la plaine de la Crau.

France Nature Environnement Bouches-du-Rhône, membre actif du Collectif THT13/30, salue cette cohésion territoriale qui dépasse les clivages politiques pour défendre un patrimoine naturel et culturel exceptionnel.

Le Serment des élus : un engagement historique
Moment fort de la soirée, la lecture collective d’un « serment » par les élus présents a cristallisé l’unité du mouvement. Dans la lumière du théâtre antique, maires, parlementaires et représentants des deux régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie ont lu à tour de rôle un texte engageant leurs signataires à « tout mettre en œuvre pour empêcher la construction de cette ligne aérienne ».
Ce serment, signé notamment par les 6 maires des communes les plus impactées, transforme une opposition dispersée en un front politique structuré. En s’engageant publiquement, les élus ont offert au collectif THT 13/30 une légitimité nouvelle, tout en envoyant un signal clair à l’État et à RTE : aucune déclaration d’utilité publique (DUP) ne pourra ignorer la parole de celles et ceux qui représentent les territoires concernés.

Patrick de Carolis • Maire d’Arles 
Séverine Dellanegra – Maire de Saint-Martin-de-Crau3 
Nelson Chaudon – Maire de Beaucaire 
Régis Blayrat pour le maire de Jonquières 
Johan Gallet pour le maire de Bellegarde 
Alain Fouque • Maire de Fourques
Un risque sécuritaire majeur ignoré
Au-delà des enjeux environnementaux et paysagers, le collectif pointe un angle mort du projet : le risque sécuritaire. Le tracé envisagé ferait de Tavel, dans le Gard, un nœud central du réseau à très haute tension, concentrant plusieurs lignes stratégiques en un même point.
Selon les analyses relayées par le Collectif THT13/30, l’ajout d’une nouvelle ligne aérienne THT augmenterait la vulnérabilité critique du site : un incident sur ce nœud pourrait provoquer un effondrement en cascade du réseau et priver d’électricité jusqu’à 7 millions de personnes dans le sud-est de la France.
C’est précisément pour éviter ce scénario que FNE13 et le collectif défendent l’alternative « Midi-Provence », un projet de liaison sous-marine dans le golfe du Lion qui permettrait de sécuriser l’approvisionnement électrique sans exposer les territoires traversés ni créer de point de défaillance unique.
La prochaine bataille : la déclaration d’utilité publique
Le rassemblement d’Arles intervient alors que l’instruction du dossier de déclaration d’utilité publique est en cours. L’enquête publique pourrait être lancée à l’automne, ouvrant une nouvelle étape décisive pour le projet. Les 36 associations membres de ce mouvement redoutent qu’une décision soit prise rapidement, après les élections sénatoriales, sans réponse de fond à leurs demandes.
Au lendemain du rassemblement historique, le collectif THT 13/30 prépare l’envoi d’un courrier au président de la République, Emmanuel Macron. Ce document, citant l’ensemble des politiques ayant signé le Serment des élus, demandera officiellement l’ouverture d’une table de négociation avec l’État et RTE pour examiner sérieusement les solutions alternatives au projet actuel.

La balle est dans le cas du Président de la République
France Nature Environnement Bouches-du-Rhône appelle le président de la République à entendre cet avertissement. Les espaces naturels exceptionnels, les terres agricoles et les patrimoines classés ne sont pas des variables d’ajustement des politiques de souveraineté énergétique.

La balle est désormais dans le camp du Président de la République : répondre à la demande de dialogue ou prendre le risque d’une escalade du mouvement dans des territoires déjà tendus. En Camargue, Crau et Terre d’Argence, le patrimoine n’est pas une variable d’ajustement. Il est le territoire lui-même.




Florian Lacrotte – Guillaume Meiffre – Cédric Bernardi 
Anne Collard • ASTA 
Carole Guintoli • ASTCC13 
Laurent Tatin • Nacicca 
Michel Peronnet • Expert indépendant
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